Lomé, février 2026 – Les 3 et 4 février 2026, le Grand Marché de Lomé accueillera une importante initiative dédiée à la santé des femmes des marchés, à l’initiative de l’organisation IYAWO, en partenariat avec l’Ambassade de France au Togo, l’ATBEF et plusieurs organisations de la société civile et structures sanitaires.
Placée sous le signe de la prévention, du dépistage et de la sensibilisation, cette activité s’inscrit dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le cancer, avec un accent particulier sur le cancer du sein, le cancer du col de l’utérus et la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).
Cette initiative marque une nouvelle étape dans l’engagement de Elisabeth Apampa, femme de médias et de culture, militante féministe et fervente défenseure des droits des filles et des femmes, qui intègre depuis plusieurs années les sensibilisations sur la santé des femmes dans ses actions de terrain. Jusqu’ici menées principalement au sein des groupements de femmes et des communautés locales, ces actions prennent aujourd’hui une nouvelle dimension, en s’ouvrant à un format plus large et inclusif, directement au cœur des marchés, afin de toucher un public plus vaste et souvent éloigné des services de santé.
Une mobilisation communautaire dès le 2 février
Une pré-campagne de mobilisation est prévue le lundi 2 février 2026 à partir de 14 heures, avec l’installation du site, ainsi qu’une descente de sensibilisation au marché pour informer les femmes sur les services de santé gratuits, les activités de dépistage et les panels thématiques qui auront lieu les 3 et 4 février.
Pour Elisabeth Apampa, Présidente de IYAWO et initiatrice du projet, la prévention et le dépistage ne peuvent plus attendre :
« Le dépistage précoce sauve des vies. Nous ne voulons plus voir des femmes mourir simplement par manque d’informations ou parce qu’elles ne savent pas où aller. Aller vers les femmes, dans les marchés, c’est une urgence de santé publique », souligne-t-elle.
« Ces journées sont une belle reprise avec un nouveau format, qui ne se limite plus aux groupements de femmes, mais qui permet de toucher directement celles qui en ont le plus besoin ».
Durant les deux journées, de 8h30 à 16h00, les femmes bénéficieront de dépistages gratuits, de consultations médicales, d’orientations sanitaires et sociales, ainsi que de sessions de sensibilisation adaptées à leur réalité quotidienne. Les actions transversales incluent des conseils pratiques sur l’hygiène de vie, la prévention des cancers et des informations sur les services de prise en charge des victimes de VBG.
Des spécialistes alertent sur les consultations tardives
Les médecins impliqués tirent la sonnette d’alarme. Pour Dr Ingrid Kengne, gynécologue obstétricienne , le retard dans la prise en charge reste préoccupant :
« Trop de femmes arrivent encore trop tard à l’hôpital. La sensibilisation massive est indispensable pour provoquer un véritable changement de comportement et encourager les femmes à consulter dès les premiers signes », insiste-t-elle.
Dans la même dynamique, Docteur en médecine, Dr Kangni Atanyigan Ekoué-Kouvahey estime que le moment est décisif :
« Nous sommes aujourd’hui à un carrefour nécessaire. Il faut aller vite vers la prévention, notamment contre le cancer du sein et le cancer du col de l’utérus. Une bonne hygiène de vie, un suivi régulier et le dépistage peuvent faire la différence », explique-t-il, invitant toutes les femmes et leurs familles à sortir massivement pour se faire dépister.
Panels, émissions et échanges directs avec les femmes
Le mardi 3 février, après le lancement officiel en présence des partenaires institutionnels et associatifs, une émission spéciale “Santé d’abord” sera diffusée, consacrée au thème : « Les cancers : ce que chaque femme doit savoir », avec le Professeur Bello MOFOU, les Docteurs Bingo M’Bortche, Ingrid Kengne et Kangni Atanyigan Ekoué-Kouvahey, sous la modération de Olive Sewonou.
À 14 heures, un panel abordera le thème : « Brisons le silence sur les violences basées sur le genre pour des femmes en bonne santé et épanouies », avec la participation de la CNDH, du Centre Kekeli et de la Cheffe section SMI à la DSMIPF.
La deuxième journée, le 4 février, sera axée sur la santé mentale, le stress, la charge mentale, et les liens entre santé intime, préménopause, cancers et VBG, avec des échanges directs entre professionnelles et participantes.
Toucher au moins 500 femmes
À travers cette action, IYAWO et ses partenaires ambitionnent de sensibiliser au moins 500 femmes, de réaliser des dépistages gratuits pour toutes les participantes et d’identifier les situations de vulnérabilité afin de mieux orienter les femmes vers les services de prise en charge adaptés.
En se rendant au cœur du marché, IYAWO et Elisabeth Apampa confirment leur engagement : la prévention ne doit plus attendre que les femmes viennent aux soins, elle doit aller à leur rencontre, là où elles vivent et travaillent, pour sauver des vies et construire des communautés en meilleure santé.

